L’Histoire face aux discours pseudo-historiques

Qui est Jean-Pierre Adam ?
Né le 24 novembre 1937, Jean-Pierre Adam est architecte et archéologue au CNRS1. Il est notamment connu pour ses interventions à la télévision française, ainsi que dans certaines vidéos Youtube, dans le but de vulgariser l’archéologie et l’égyptologie face à des discours complotistes, archéomanes.
De part son engagement à lutter contre la désinformation dans ce domaine, il est parrain de l’Afis (Association Française pour l’Information Scientifique) ainsi que de sa revue Science et pseudo-sciences.
Archéologue, il participa à de nombreux chantiers de fouilles, notamment en Egypte mais aussi à Pompéi. Il devint, par la suite, enseignant dans diverses écoles supérieures, telles que l’Ecole du Louvre ou encore l’Ecole de Chaillot.
Le Passé Recomposé
Le Passé Recomposé est un essai faisant suite à L’Archéologie devant l’imposture, tout deux rédigés par Jean-Pierre Adam, respectivement en 1988 et 1975. Constitué de 251 pages, il est paru en 1988 aux Éditions du Seuil, dans la collection Science Ouverte, mais il n’est plus imprimé depuis. Il faut se tourner vers les sites de ventes d’occasion. Ce dernier est agrémenté d’images et de schémas permettant une meilleures compréhension de l’archéologie dans son ensemble, et permettent de rejeter, une fois pour toute les hypothèses avancées par les archéomanes.
L’archéologie fantasque ou l’archéomanie
Dans son ouvrage, Jean-Pierre Adam reprend quelques sites archéologiques qui furent investis par des amateurs voulant y voir autre chose que ce que la science en disait. C’est ainsi que l’on a vu fleurir, dans les années de rédaction de ce livre, la théorie des Anciens Astronautes, faisant des extraterrestres les constructeurs des pyramides de Gizeh, des pistes de Nazca ainsi que d’autres sites archéologiques ayant fait l’objet d’un article que vous pouvez retrouver ici.
L’archéomanie se définie comme étant l’ensemble des discours pseudo-scientifique ayant trait à l’archéologie. Elle se caractérise par des interprétations de sites archéologiques allant à contre-courant des données déjà établies. Ces interprétations sont réalisées, de manière générale, afin de servir un discours idéologique, souvent nationaliste et/ou qui permet de réaffirmer la validité du récit biblique.
On retrouve des exemples de cette archéomanie dans, notamment, les travaux de :
– Jacques Grimault (auteur de la Révélation des Pyramides),
– Robert Charroux (auteur de L’Enigme des Andes),
– Graham Hancock (auteur de la série Netflix Ancient Apocalypse), etc.
L’archéologie
Puisque nous avons définit, l’archéomanie, comme étant une discipline s’inscrivant en porte-à-faux de l’archéologie, il nous faut nous arrêter quelques instants sur ce terme.
L’archéologie, quant à elle, est une discipline scientifique. Elle consiste à étudier l’histoire grâce aux vestiges du passé. Pour ce faire, un archéologue, membre d’un centre de recherche archéologique, va être amené sur un site potentiellement intéressant, où il va réaliser des fouilles afin de déterminer s’il y a eu une occupation humaine, la dater, si d’autres éléments sont présents, comme des poteries, des bijoux, des monnaies, des restes de constructions, etc. Grâce à ses connaissances en histoire, il va pouvoir déterminer l’époque à laquelle appartient le site qu’il est en train de fouiller et de le remettre dans un contexte bien particulier.
Les autres éléments sont ensuite étudiés par des restaurateurs, des historiens et des historiens de l’art. L’on comprend, alors, l’importance de l’archéologie, en ce sens qu’elle est un apport considérable à l’établissement de l’histoire de l’humanité, mais aussi de plus en plus, des espèces animales et végétales.
Jean-Pierre Adam utilise, alors, son écrit afin de remettre l’église au milieu du village. C’est-à-dire qu’il repasse sur les récits d’archéologies fantastiques, tout en les mettant face à ce que les archéologues savent vraiment à ces sujets.
Avec ces quelques précisions, vous voilà maintenant armés pour comprendre de quoi l’ouvrage traite !
Résumé
Après une brève introduction permettant de planter le décors, l’auteur s’adresse au lecteur afin de lui expliquer qu’il n’ouvrira pas un ouvrage marqué par une grande bienveillance à l’égard des théories exotiques.
Suite à cette mise en bouche, Jean-Pierre Adam propose de revenir sur toutes les hypothèses exotiques qui touchaient à l’archéologie dans les années 1970-1980. Elles concernent, notamment, les pyramides d’Égypte, l’île de Pâques, l’Atlantide. Il vient, alors, « fermer » toutes ces idées en apportant, de manière claire et vulgarisée, à son lecteur tout les éléments de réponse que les archéologues ont aux sujets de ces sites archéologiques.
Jean-Pierre Adam a ça de plus qu’il est également architecte. Cela lui permet de proposer des hypothèses quant à la possible manière de construction et d’élévation des blocs de pierre. Il agrémente son argumentaire ainsi que ces connaissances de dessins qu’il a réalisé lui-même et qui permettent de comprendre d’un seul coup d’œil en lieu et place d’un paragraphe explicatif. C’est ce qui fait, selon moi, la force de cet ouvrage.
Dans une première partie, le lecteur découvre la méthode scientifique, les méthodes employées lors d’une fouille archéologique, les organismes habilités à ces fouilles, etc. En parallèle, il développe sur la méthode, pour ne pas dire l’absence de méthode, utilisée par les archéomanes, pouvant se résumer de la manière suivante :
- Les archéologues fouillet et, en fonction du contexte de découverte, de l’objet, de sa datation, etc, émettent une hypothèse.
- Les archéomanes, quant à eux, ont une hypothèses de départ et tente de trouver dans les objets étudiés par l’archéologie une interprétation pouvant coller à leur hypothèse. Lorsqu’ils ne s’appuient pas, directement sur des faux.
Le reste de l’ouvrage consiste à reprendre les sujets que l’on retrouve très souvent dans les discours d’archéologie fantastique, mais ils sont étudiés par le prisme de la science. Permettant, ainsi à toute personne s’intéressant à l’archéologie et aux théories du complot, à l’archéomanie, de comprendre les sites mais aussi les mécanismes utilisés par les archéomanes afin de faire passer des idées aux lecteurs crédules ou mal informés.
Pour aller, plus loin, une bibliographie est disponible à la fin de l’ouvrage. Cependant, ce dernier datant des années 1980, bon nombre de ces sources ont été actualisées depuis. Je vous invite donc à consulter des ressources tels que le blog d’Irna, le site et les réseaux sociaux de l’ALDHHAA, mais aussi et surtout les études que vous pouvez retrouver sur des sites tels que : Persée, Cairn, OpenEdition, Google Scholar, etc.
« L’archéologie séduit le plus grand nombre, mais cette séduction se focalise, en fait, sur quelques images ou plutôt quelques clichés, tels que : la civilisation enfouie, l’exotisme, la tombe inévitable associée au trésor, toutes formules pouvant se résumer en une seule : l’aventure. »2
« Il m’est apparu qu’il y avait peut-être une lacune dans l’information archéologique destinée au grand public et, tout au moins, qu’il y avait une mise au point nécessaire, afin d’orienter ce flot légitime de curiosité dans la bonne direction.« 3
Mon avis sur ce livre ?
Dans cet ouvrage qui n’est plus édité aujourd’hui, Jean-Pierre Adam propose de mettre les points sur les i au sujet de l’archéologie. Archéologue et architecte l’auteur revient sur les récits fantastiques racontés par les archéomanes afin de remettre l’église au centre du village. Entre humour et vulgarisation, le lecteur découvre la véritable manière dont auraient été construite les pyramides d’Égypte, comment ont été installé les moaïs sur l’île de Pâques, etc. Il revient, également, sur des fraudes archéologiques afin de refermer définitivement les dossiers comme l’affaire Glozel. Le lecteur trouvera dans l’ouvrage de nombreuses illustrations aidant grandement à la compréhension.
Le livre datant un peu, le vocabulaire et la manière d’écrire surprennent au début, mais on finit par s’y habituer. Néanmoins, certaines dates avancées, comme par exemple la découverte des pistes de Nazca, ne correspondent pas à celle que j’ai pu trouver lors de différentes recherches sur d’autres support. De plus, l’Histoire et l’Archéologie étant des sciences auto-correctrices certaines interprétations données ont été revues depuis à l’aune de nouvelles découvertes.
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Pour aller plus loin :
- Passé Recomposé – ALDHHAA, Passé Recomposé #1 – La Révélation Des Pyramides, Jean-Pierre Adam (et suivantes), novembre 2018 : Passé Recomposé #1 – La Révélation Des Pyramides, Jean-Pierre Adam (youtube.com)
Notes :


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